Pas d'entrée gratuite au Musée des Sciences Naturelles ce mercredi 1er juillet. Pourquoi ?

1er mercredi du mois : pas de gratuité au Musée des Sciences Naturelles. Une mesure "sanitaire" qui pose question.

Un peu d'histoire. Les musées fédéraux de l'État belge étaient gratuits jusqu'en 1999. Quand ils sont devenus payants, l'État a décrété une gratuité générale le premier mercredi après-midi du mois. Depuis 2012, cette mesure coexiste avec celle de la gratuité du premier dimanche du mois instaurée par la Fédération Wallonie-Bruxelles nettement plus large pratiquée par plus de 150 musées en Wallonie et à Bruxelles.

À ce stade, les mesures spéciales 'Covid-19' n'avaient en rien amené une action sur les tarifs des musées préoccupés par l'organisation de leurs dispositifs de prévention et la reconquête prudente du public.

Bien sûr, des mesures spécifiques doivent être prévues notamment en termes budgétaires, pour soutenir les musées. Ceux-ci ont été autorisés à puiser dans leurs réserves financières considérant la situation. Il n'est sans doute pas utile de rappeler que les musées ont vécu des réductions budgétaires ces dernières années principalement lors de la dernière législature.

Mais dans les faits, aucun argument organisationnel n'est avancé. Le système de réservation fonctionne parfaitement indépendamment des tarifs pratiqués.

Il est donc assez écoeurant de constater que la première mesure qui vient à l'esprit de la direction d'un musée est de suspendre la gratuité du premier mercredi après-midi. Bref, de réduire les droits des visiteurs.

Au moment où les enfants finissent l'année scolaire souvent sans pouvoir partir en vacances...

Au moment où les activités récréatives sont moins nombreuses et moins accessibles...

Au moment où une grande partie de la population a vu ses revenus touchés par la crise sanitaire...

Comment une direction de musée et son pouvoir organisateur peut ainsi s'en prendre à la seule mesure générale de gratuité pour les musées sans aucune mesure compensatoire et surtout sans quasi aucune communication alors que la mesure fonctionne depuis vingt ans et est relativement connue malgré la grande discrétion des directions des musées fédéraux sur cette politique tarifaire ?

'Pourquoi ?' était donc la question. La réponse est simple : pour rien ! En fait, on assiste au niveau de l'État fédéral à un détricotage de cette mesure amorcé à la réouverture du Musée de Tervuren qui l'a purement et simplement supprimée.

Cette suspension n'est en rien nécessaire à la gestion de l'épidémie. La direction devrait faire marche arrière sans délai.

Dans l'espoir d'un retour à la normale le mercredi 5 août.

Jacques Remacle
Arts&Publics